Vous avez sans doute éprouvé cette sensation : une pression lancinante entre la poitrine et le ventre, un sentiment de vide prêt à vous engloutir. Pour l’atténuer, pour étouffer cette présence inconfortable, vous vous mettez à manger.
C’est l’essence de l’auto-médication : la nourriture, le sucre, l’alcool, la drogue, le sexe… deviennent une béquille pour combler un manque intérieur profond.
Malheureusement, si ces stratégies offrent une accalmie sur l’instant, elles ne règlent en rien le problème. Au contraire, elles l’aggravent.
Le Cercle Vicieux : Étouffer une émotion la rend juste plus puissante et plus sournoise. En prime, elle vous laisse un sentiment écrasant de culpabilité et de faiblesse, érodant encore un peu plus une estime personnelle déjà fragile.
Pourquoi Nous Nous Infligeons Cette Souffrance ?
L’alimentation émotionnelle, ou la dépendance à la gratification immédiate, trouve souvent sa source dans un ou plusieurs de ces facteurs :
- L’Héritage Comportemental : Nous avons parfois hérité de ce comportement, enregistré dans l’enfance comme une réaction normale au stress en observant nos parents ou proches.
- Le Pansement Inefficace : C’est la seule stratégie trouvée pour gérer une situation qui nous apparaît insupportable. Nous nous servons de la nourriture comme d’un pansement émotionnel, mais il n’est jamais assez puissant pour arrêter l’hémorragie psychologique.
- La Compensation de la Détresse : Notre vie est tellement insatisfaisante (conflits, chômage, problèmes financiers, deuil) que le sucre ou la nourriture est devenu notre unique source de satisfaction et de plaisir.
La Molécule du Plaisir : Dopamine et Détérioration
Le sucre, l’alcool ou la drogue provoquent une sécrétion de dopamine – la molécule du plaisir. Nous cherchons ce « shoot » parce que nous en manquons cruellement par ailleurs dans nos vies.
Ce plaisir instantané nous soulage, mais il n’élimine pas la cause de notre détresse. Pire, pour continuer à nous sentir stimulés et satisfaits, il nous en faut toujours plus. C’est l’escalade de la dépendance.
La douleur augmente parce que nous ne nous attaquons jamais au véritable problème. Notre santé physique et mentale se détériore en silence : on grossit, on se déteste, on consomme de plus en plus, et on entretient l’isolement.
La Solution : Affronter le Vide pour le Vaincre
Le seul moyen de sortir de ce cycle est d’arrêter de fuir.
- Assumer et Confronter : Regardez les choses bien en face. Posez-vous les questions qui fâchent : Qu’est-ce qui ne me satisfait pas dans ma vie ? Qu’est-ce qui me ronge, me hante ?
- L’Instruction par la Douleur : Au début, cela fait mal. C’est désagréable. Mais c’est le seul chemin pour aller mieux, pas à pas. Vous apprenez à mieux vous connaître, à vous comprendre, et à reprendre le contrôle.
- Tester et Avancer : Questionnez votre mode de vie et vos choix. Tâtonnez, testez de nouvelles stratégies, acceptez de vous tromper, et recommencez. C’est ainsi qu’on avance.
Le Vide Vous Instruit : Il faut apprendre à vivre avec les difficultés. Le vide a des secrets à vous révéler et des choses à vous apprendre. Il faut juste apprendre à l’écouter, au lieu de le fuir.
Tout changement efficace commence par une prise de conscience brutale : Qu’est-ce que je fuis et pourquoi ?
Le véritable changement se produit lorsque vous décidez de ne plus être une victime et que vous reprenez les choses en main. Il faut être prêt(e) à affronter ses parts d’ombre, à écouter ses blessures et à faire des choix difficiles.
C’est beaucoup moins facile sur le coup, mais c’est l’unique stratégie pour bâtir un bonheur durable et une relation apaisée avec votre corps.
Qu’en pensez-vous ? Quel est votre plus grand mécanisme de fuite ?
